Entretien avec Yves Cuilleron, vigneron en Vallée du Rhône Nord
Depuis plus de trente ans, Yves Cuilleron façonne des vins emblématiques de la Vallée du Rhône septentrionale. À la tête de son domaine familial basé à Chavanay, il a progressivement développé son vignoble sur certaines des appellations les plus prestigieuses du Rhône Nord.
Pour accompagner l’extension du domaine sur deux appellations emblématiques, il a choisi de structurer un Groupement Foncier Viticole (GFV) avec GFV-enligne.com. Dans cet entretien, il revient sur les motivations qui l’ont conduit à mettre en place ce projet, sur les enjeux liés au foncier viticole dans ces appellations recherchées et sur l’accompagnement réalisé par Julien Dupont de GFV-enligne.com et son équipe.
Yves Cuilleron, pouvez-vous revenir sur votre parcours et l’histoire de votre domaine ?
Le vin fait partie de mon histoire familiale depuis trois générations, même si je ne me destinais pas forcément à reprendre le domaine au départ. Ma passion pour la dégustation et la gastronomie m’y a finalement ramené.
En 1987, j’ai repris le domaine familial à Chavanay, qui était encore de taille modeste. Au fil des années, nous avons développé le vignoble sur plusieurs grandes appellations du Rhône Nord comme Condrieu, Côte-Rôtie, Saint-Joseph ou Saint-Péray, avec toujours le même objectif : produire des vins équilibrés qui expriment pleinement leur terroir.
Pourquoi envisagiez-vous de créer un GFV ?
Nous avions un projet de développement sur deux appellations très recherchées du Rhône Nord : Saint-Joseph et Condrieu. L’objectif était d’acquérir de nouvelles parcelles pour continuer à développer le vignoble.
Qu’est-ce qui vous a convaincu de choisir ce modèle ?
Le GFV permet avant tout de financer l’acquisition de vignes sans faire porter seul cet investissement au domaine. C’est important, car cela nous laisse de la marge pour continuer à investir dans l’outil de production et accompagner l’évolution du domaine. C’est aussi une solution qui apporte un peu de souplesse financière tout en nous laissant l’exploitation des vignes grâce au bail rural à long terme. Et puis il y a aussi la dimension humaine : le GFV permet de réunir autour du domaine des investisseurs passionnés de vin, qui deviennent souvent au fil du temps de véritables ambassadeurs de nos vins.
Auriez-vous pu réaliser ce projet sans un GFV ?
Oui, cela aurait été possible, mais probablement un peu plus difficile. L’acquisition de nouvelles parcelles représente des montants importants pour un domaine, même lorsque l’activité est saine.
Le GFV nous a permis d’avancer encore plus sereinement dans ce projet et de conserver une capacité d’investissement pour continuer notre développement.
En quoi le GFV change-t-il la manière d’aborder le foncier pour un vigneron ?
Le GFV permet de dissocier le foncier de l’exploitation. Concrètement, je continue de travailler les vignes grâce à un bail à long terme, tandis que l’investissement foncier est porté collectivement par les associés du groupement.
Ce modèle facilite l’accès à certaines parcelles qui seraient autrement plus difficiles à acquérir, notamment dans des appellations où le foncier est rare et très recherché.
Que change concrètement la création de ce GFV pour le domaine ?
Le GFV nous a permis d’accompagner l’extension du vignoble sur de très beaux terroirs en Saint-Joseph et en Condrieu. Grâce au GFV, nous pouvons aujourd’hui produire davantage de vins sur ces appellations tout en restant fidèles à l’esprit familial du domaine.
Comment s’est structurée la collaboration entre le groupement foncier viticole et GFV-enligne ?
Julien Dupont et son équipe connaissent bien le monde viticole et les problématiques liées au foncier. Ils ont pris en charge toute la mise en place du GFV : le montage juridique, la recherche des investisseurs et l’organisation du groupement. Pour un vigneron, c’est précieux d’être accompagné sur ces aspects, qui ne sont pas forcément notre cœur de métier.
Quel conseil donneriez-vous aujourd’hui à un vigneron qui envisage de créer un GFV ?
Je dirais que c’est une solution qui vaut la peine d’être étudiée quand on veut développer son domaine sans déséquilibrer les finances de l’exploitation.
Le GFV permet de garder la main sur son vignoble tout en s’entourant d’investisseurs qui aiment le vin et qui s’intéressent vraiment au projet du domaine.
